Piscines publiques en France : pallier un réseau insuffisant et rénover un parc vieillissant
(Source : Fédération Française de Natation)
Une piscine publique pour 16 700 habitants
La France compte environ 4 100 piscines publiques, représentant près de 6 500 bassins et 1,6 million de m² de surface aquatique. En moyenne, les Français doivent ainsi se partager 1 piscine publique pour 16 700 habitants. 85 % de ces bassins appartiennent à des collectivités locales, confirmant leur rôle central dans l’accès de la population à la natation et aux activités aquatiques.
Ces équipements constituent le seul équipement sportif capable de concilier simultanément des usages scolaires, associatifs et grand public, avec une occupation soutenue tout au long de l’année. Les clubs de natation en sont fortement dépendants : près de 70 % des bassins sportifs couverts sont occupés par des clubs affiliés à la Fédération Française de Natation.
Un déficit de 400 piscines publiques
Ce maillage du territoire est insuffisant. En effet, le ratio national atteint 130 m² de surface d’eau pour 10 000 habitants, alors que les niveaux de référence s’établissent autour de 170 m². Le déficit est estimé à 200 000 m² de surface aquatique, soit environ 400 bassins de 25 mètres à construire.
Cette insuffisance se traduit par de fortes tensions territoriales. Plus d’un tiers des intercommunalités ne disposent d’aucune solution annuelle, tandis qu’un autre tiers ne bénéficie que d’une offre estivale. Certaines zones urbaines concentrent les situations de carence les plus critiques, posant une question d’égalité d’accès à la natation.
Un parc ancien à rénover pour réduire l’impact et les charges
La moitié des piscines publiques du pays ont plus de 38 ans, révélant un parc largement conçu pour des usages et des exigences énergétiques d’une autre époque. Beaucoup d’entre elles ont en effet été construites dans le cadre du Plan 1000 piscines lancé en 1969 par l’État pour démocratiser l’apprentissage de la natation. Cette vétusté alourdit les charges de fonctionnement dans un modèle économique déjà fragile. Les dépenses liées à l’eau et à l’énergie représentent entre 25 et 30 % des charges d’après la FPP.
Des dispositifs de soutien existent pour accompagner la transformation du parc, notamment via des subventions de l’Agence nationale du sport conditionnées à des objectifs de 40 % d’économies d’énergie, complétées par des aides locales mobilisables par les collectivités.
Les pistes de la FPP : adapter, moderniser, mettre en conformité
Les professionnels interviennent sur ces projets d’adaptation et de modernisation, en lien avec les collectivités. La rénovation énergétique et la modernisation technique apparaissent ainsi comme des leviers prioritaires pour contenir les charges, sécuriser l’exploitation et prolonger la durée de vie des équipements en diminuant leur impact environnemental.
Les professionnels de la FPP sont en particulier en mesure d’accompagner les gestionnaires des piscines dans le cadre du dispositif réglementaire Éco Énergie Tertiaire de 2019, qui impose
une réduction progressive des consommations d’énergie finale dans les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m², y compris les piscines publiques ou privées à usage collectif.
La piscine privée à usage collectif : un équipement décisif pour les hébergements touristiques
(Sources : données recueillies en mars 2026 par la FPP auprès de la FNHPA – Fédération nationale de l’Hôtellerie de plein air, de la FNRT – Fédération Nationale des Résidences de Tourisme, apparthotels et villages de vacances – et issues de l’étude Xerfi Specific / FPP sur les perspectives du marché des piscines 2023)
Un levier de montée en gamme
Les piscines privées à usage collectif connaissent une dynamique soutenue, en particulier dans le secteur du tourisme. Campings, hôtels, gîtes, résidences de tourisme, villages de vacances et hôtels intègrent désormais largement des équipements aquatiques dans leur offre pour faire la différence. La présence d’une piscine constitue en effet un critère déterminant pour le choix des hébergements de vacances pour la plupart des Français.
Selon les données sectorielles, la clientèle B2B représenterait environ 10 % du marché de la piscine, portée par la montée en gamme généralisée de l’offre d’hébergement, pour laquelle la piscine est devenue un facteur d’attractivité. (Source : FFP / Xerfi Specific)
Campings, hôtels, résidences : un vivier de construction important
La France compte 7 418 campings, dont 51 % sont aujourd’hui équipés d’une piscine. Les taux d’équipement atteignent 92 % dans les campings 4 étoiles et 97 % dans les 5 étoiles, traduisant un lien direct entre classement, qualité d’accueil et offre aquatique. Environ la moitié du parc reste encore à équiper, ouvrant un potentiel significatif pour les années à venir.
Le mouvement concerne également les 2 290 résidences de tourisme, les 885 villages de vacances et les 16 850 hôtels, avec environ 4 500 bassins recensés dans l’hôtellerie. La piscine s’inscrit désormais parmi les infrastructures de loisirs contribuant directement à la valeur économique des établissements.
Des réponses adaptées aux attentes des clients et des professionnels
Les professionnels interviennent sur la création des piscines, l’intégration d’équipements adaptés aux nouveaux standards d’hospitalité attendus (bassins couverts, espaces aquatiques, équipements ludiques). Ils œuvrent également pour l’amélioration des installations existantes, notamment en termes de réduction des consommations. Il s’agit en particulier de répondre aux exigences de réduction de la consommation énergétique dans le cadre du dispositif Éco Énergie Tertiaire de 2019. Pour l’eau, il s’agit de répondre aux règles des collectivités durant les périodes de sécheresse et ainsi assurer la continuité d’exploitation tout en assurant le service des vacanciers, en attente de convivialité et de rafraîchissement.
Des solutions concrètes face à l’inégalité d’accès aux activités aquatiques et à l’apprentissage de la nage
Bassins d’apprentissage temporaires : des solutions opérationnelles
Face à la pénurie d’équipements et aux délais inhérents aux projets lourds, des solutions intermédiaires se déploient. Les bassins d’apprentissage temporaires initiés par la Fédération Française de Natation constituent ainsi une réponse rapide, ciblée et reproductible, destinée en priorité aux usages scolaires et associatifs.
L’exemple du projet NOHa : déployé dans les Hauts-de-Seine, en est l’illustration. Trois bassins ont été installés en dix semaines, pour un coût inférieur à 2 millions d’euros TTC par bassin, avec une exploitation assurée par la Ligue régionale de natation. Les usages sont intensifs et mesurés : 600 collégiens accueillis chaque semaine, des publics issus de dispositifs sociaux, et six clubs affiliés à la FFN utilisateurs réguliers. Ces équipements peuvent être démontés et redéployés, apportant une souplesse nouvelle aux collectivités.
Des passerelles en cours de réflexion pour élargir l’accès à l’eau
En lien avec la Fédération Française de Natation, la Fédération mène également des réflexions sur l’ouverture des piscines des hébergements touristiques aux associations ou aux scolaires pour favoriser l’apprentissage de la natation dans les territoires peu équipés en piscines publiques. Leurs bassins sont en effet ouverts et souvent peu fréquentés par leur clientèle en dehors de la haute-saison et certains peuvent les mettre à disposition pour des activités d’apprentissage de la nage effectuées par des tiers.
De plus, en haute-saison, des réflexions pourraient également être menées pour favoriser l’apprentissage de la natation dans certains hébergements touristiques, en particulier des campings, qui pourraient proposer des cours aux petits vacanciers par l’intermédiaire de leurs propres maîtres-nageurs, comme certains le font déjà.